Supervision des bornes en entreprise

Ce que la supervision de vos bornes de recharge vous montre, ce qu’elle ne peut pas voir, et dans quel cas elle est obligatoire pour une entreprise.

Un écran d'ordinateur affiche un tableau de bord de suivi avec des courbes et des histogrammes

Vos bornes de recharge remontent peut-être déjà leurs données sur une plateforme en ligne. D’un coup d’œil, vous voyez si une borne est disponible, combien d’énergie elle a délivrée, si une anomalie est signalée. C’est pratique, et parfois obligatoire. Une question vient alors naturellement : ce tableau de bord dispense-t-il d’une visite sur place ? La réponse est non. La supervision et la visite ne regardent pas la même chose. Cet article explique ce que chacune vous apporte, et pourquoi elles se complètent.

La supervision d’un parc de bornes, en quelques mots

La supervision est un outil de suivi à distance. Selon un guide professionnel sur les bornes en entreprise, elle est « réalisée via une plateforme internet dédiée », opérationnelle dès la mise en service. Chaque emplacement où un véhicule peut se brancher s’appelle un point de recharge : la plateforme suit chacun d’eux.

Ce même guide cite plusieurs fonctions, en précisant que la liste n’est pas exhaustive. Par exemple :

  • activer ou désactiver les badges des utilisateurs ;
  • suivre les consommations en temps réel ;
  • éditer des tableaux de bord et des rapports ;
  • définir des règles tarifaires et facturer les sessions de recharge.

Ce sont les fonctions d’un outil, pas celles d’une visite.

Qui regarde ces écrans ? Selon le même guide, exploiter un parc par une supervision demande des ressources consacrées à cette tâche. L’autre voie consiste à la confier à un opérateur spécialisé. Imaginez le responsable des services généraux qui ouvre le tableau de bord le lundi matin. Il voit l’activité de la semaine passée, borne par borne. C’est précieux pour piloter un parc. Mais ce n’est qu’une partie du tableau, comme on va le voir.

Ce que la supervision vous montre

Un tableau de bord de supervision peut afficher de nombreux indicateurs. Le guide professionnel en donne des exemples : la disponibilité des bornes, le nombre de véhicules connectés, la durée et le taux de fonctionnement, les pics de puissance atteints chaque jour, la consommation moyenne par borne.

Ce que vous voyezÀ quoi cela vous sert
La disponibilité de chaque borneSavoir si vos salariés ou vos visiteurs peuvent recharger
Le nombre de véhicules connectésMesurer l’usage réel du parc
Les pics de puissance par jourRepérer les moments de plus forte demande
La consommation par borneSuivre l’énergie délivrée, borne par borne
Les badges actifsGérer qui peut recharger

Certains outils vont plus loin et règlent la puissance à distance. Ils peuvent brider une borne, lisser les appels de puissance ou programmer la recharge en heures creuses.

Ces indicateurs parlent surtout d’usage. Ils disent si la borne sert, combien, et quand. Ils décrivent ce que la borne transmet d’elle-même. C’est la force de la supervision, et c’est aussi sa limite.

Un smartphone affiche l'application de suivi d'une borne de recharge murale en cours de charge

Les alertes : utiles, mais à lire avec prudence

La supervision ne se contente pas d’afficher des chiffres. Selon le guide professionnel, le système « consulte de manière récurrente l’état de fonctionnement » des bornes. Il lance régulièrement des diagnostics à distance. En cas d’anomalie, une notification remonte au gestionnaire de la plateforme. Elle indique la borne concernée, l’origine de l’anomalie et un historique des sessions.

Ce qui est signalé dépend de l’outil. Le type d’alerte et la façon de la traiter varient d’une plateforme à l’autre.

Surtout, une borne affichée « indisponible » ne dit pas pourquoi elle l’est. D’après le même guide, la majorité des cas viennent de « problèmes de connexion internet ». Autrement dit, la cause la plus fréquente est la liaison entre la borne et la plateforme.

Cette prudence évite deux erreurs : s’inquiéter à tort, ou au contraire se croire informé de tout.

Ce que la supervision ne voit pas : l’état électrique de l’installation

La supervision peut signaler qu’une borne ne fonctionne plus. En revanche, elle ne mesure pas la terre, n’essaie pas un différentiel et ne contrôle pas un serrage. Ces trois points se vérifient sur place, avec un instrument ou un essai.

Quelques mots pour situer ces termes. La terre, c’est le conducteur qui relie l’installation au sol pour protéger les personnes. Le différentiel est l’appareil de protection, dans le tableau électrique ou dans la borne elle-même, qui coupe le courant en cas de fuite. Le serrage, c’est la bonne tenue des câbles de puissance dans leurs points de raccordement.

Un rapport de contrôle sérieux relève des valeurs mesurées sur place. Par exemple, la continuité de la terre contrôlée avec un appareil de mesure, et sa valeur inscrite. Ou encore le serrage des câbles selon les spécifications du constructeur et le type de différentiel relevé. Aucun des indicateurs cités plus haut ne couvre ces gestes.

Ce que la supervision voitCe qu’elle ne mesure pas
La disponibilité de la borne, une anomalie signaléeLa continuité de la terre
L’énergie délivrée, les sessionsLe bon déclenchement des différentiels
Les pics de puissance, la consommationLe serrage des câbles de puissance

La partie de la norme d’installation consacrée aux véhicules électriques fixe un état. Par exemple, un différentiel propre à chaque point de recharge. Elle ne prévoit pas de visite, et cet état n’est pas acquis pour toujours. La visite sert justement à vérifier qu’il est toujours vrai. Pour le dire simplement : la supervision voit ce que la borne raconte. La visite voit ce que l’installation est devenue.

La supervision voit ce que la borne raconte. La visite voit ce que l’installation est devenue.

Quand la supervision est obligatoire

Pour une infrastructure ouverte au public, la supervision est imposée. L’article 11 du décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 prévoit un opérateur utilisant un système de supervision. Ce système échange des données avec chaque point de recharge. Il assure « un suivi en temps réel de l’état des points de recharge ». Il enregistre les paramètres essentiels de l’usage, dont l’énergie délivrée.

Une exception existe, étroite. Elle vise l’aménageur (celui qui offre le service de recharge, propriétaire ou locataire des bornes) qui ne met à disposition du public qu’une seule station. Cette station doit à la fois avoir une puissance maximale appelable inférieure ou égale à 36 kVA, compter 5 points de recharge au plus, et ne pas être intégrée à un réseau d’infrastructures de recharge. Les trois conditions sont cumulatives : il faut les réunir toutes. Même dans ce cas, l’aménageur reste tenu de s’assurer, par tout moyen adéquat, de l’état de fonctionnement permanent des points de recharge de la station. Il doit aussi partager les données relatives à la station.

Qu’est-ce qu’une infrastructure ouverte au public ? C’est d’abord une question d’accès réel aux places, avec trois exclusions prévues par le décret. Les obligations d’une borne ouverte au public sont détaillées dans notre article dédié.

Pour l’ouvert au public, le décret demande aussi à l’aménageur de prendre les mesures appropriées pour qu’une recharge en cours puisse se poursuivre en cas de perte de communication avec le centre de supervision.

Et un parc réservé aux salariés, ou la flotte de l’entreprise dans son enceinte ? Le décret ne mentionne la supervision que pour l’ouvert au public. Il ne l’impose donc pas ici. En revanche, le Code du travail impose toujours la vérification périodique des installations électriques.

Supervision et visite : deux outils qui se complètent

La supervision alerte. La visite contrôle, et laisse une trace écrite. Le guide professionnel range la supervision, le paramétrage des accès et la gestion des factures parmi les éléments d’un projet de bornes, « tout comme les contrôles réglementaires annuels ». Ce sont des sujets distincts.

Sur un lieu de travail, l’employeur procède ou fait procéder à la vérification périodique des installations électriques. Elle a lieu en principe chaque année, tous les deux ans sous conditions. Selon l’arrêté du 26 décembre 2011, annexe I : « Il est procédé, lors de chaque vérification, à l’essai de tous les dispositifs de protection à courant différentiel résiduel. » La vérification comprend aussi la continuité des mises à la terre.

Le Code du travail prévoit aussi que les installations et les matériels électriques qui les composent « font l’objet de mesures de surveillance et donnent lieu en temps utile aux opérations de maintenance ». Il ne fixe ni rythme ni contenu.

Un contrat de maintenance prépare la vérification périodique, il ne la réalise pas. Elle revient à un organisme accrédité ou à une personne qualifiée de l’entreprise. Le détail est dans notre article sur la vérification périodique de vos bornes.

Ce que nous proposons est présenté sur notre page d’accueil, où vous pouvez décrire votre parc : des visites de contrôle planifiées avec vous, le contrôle des bornes et de l’installation électrique qui les alimente, un rapport écrit après chaque visite, pour vos audits et votre assureur. Les écarts constatés font l’objet de recommandations écrites.

L’essentiel sur la supervision

  1. La supervision est un outil à distance qui suit l’usage et la disponibilité de vos bornes.
  2. Une borne indisponible n’a pas forcément un problème électrique : selon un guide professionnel, la connexion internet est le plus souvent en cause.
  3. Elle ne mesure ni la terre, ni les différentiels, ni les serrages : cela se fait sur place.
  4. Elle est obligatoire pour l’ouvert au public, sauf l’exception étroite de l’article 11.
  5. Sur un lieu de travail, la vérification périodique du Code du travail reste due.

Vos bornes sont supervisées, et après ?

Décrivez-nous votre parc et ce que vous suivez déjà : nous vous répondons par une proposition écrite.

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Questions fréquentes

Nos bornes réservées aux salariés doivent-elles être supervisées ?
Le décret n’impose la supervision qu’aux infrastructures ouvertes au public. Un parc réellement réservé aux salariés n’est donc pas concerné par son article 11. Vérifiez toutefois l’accès réel aux places : si des visiteurs peuvent s’y garer, même sur autorisation, la situation peut changer. Dans tous les cas, la vérification périodique du Code du travail reste due.
Une borne indiquée indisponible a-t-elle un problème électrique ?
Pas forcément. Selon un guide professionnel, la majorité de ces cas viennent de problèmes de connexion internet. Commencez par regarder la communication de la borne. Si l’anomalie persiste, faites-la constater sur place : l’état de l’installation électrique ne se lit pas à distance.
La supervision peut-elle remplacer la vérification périodique ?
Non. La vérification périodique comprend des essais sur place, dont l’essai de tous les différentiels à chaque vérification, et la continuité des mises à la terre. Aucun outil à distance ne réalise ces gestes. La vérification est faite par un organisme accrédité ou par une personne qualifiée de l’entreprise.
Que se passe-t-il pour une recharge en cours si la liaison avec la supervision est coupée ?
Pour une infrastructure ouverte au public, le décret demande à l’aménageur de prendre les mesures appropriées. Ces mesures visent à permettre la poursuite d’une recharge en cours en cas de perte de communication entre la borne et le centre de supervision. Il en va de même si ce centre est indisponible.
Une station ouverte au public de quelques points échappe-t-elle à l’obligation ?
Seulement si l’aménageur ne met à disposition du public qu’une seule station, qui réunit trois conditions : une puissance maximale appelable inférieure ou égale à 36 kVA, 5 points de recharge au plus, et aucune intégration à un réseau d’infrastructures de recharge. Même alors, l’aménageur reste tenu de s’assurer, par tout moyen adéquat, de l’état de fonctionnement permanent de ses points de recharge. L’article 24 du décret continue aussi de s’appliquer : les bornes sont contrôlées au moins une fois par an par une personne ou un organisme compétent.

Mots-clés : supervision borne de recharge, disponibilité bornes de recharge