Borne de recharge : quel différentiel ?
Type A, F ou B, différentiel dédié, essai au bouton test : ce qu’il faut savoir sur le différentiel d’une borne et ce qu’une visite peut vérifier.

Dans le tableau électrique qui alimente vos bornes, un petit appareil joue un rôle clé : le différentiel. C’est lui qui protège les personnes contre les chocs électriques. Une borne de recharge demande un différentiel bien précis : le sien, d’un type adapté, sans remise en route automatique. Cet état peut se perdre au fil des travaux sur le tableau. Voici comment le lire, pourquoi les contrôleurs le regardent de près, et ce qu’une visite de maintenance peut en vérifier.
Le différentiel, en mots simples : l’appareil qui protège les personnes
Son nom complet est dispositif différentiel résiduel. Au quotidien, on dit simplement le différentiel. Il surveille le courant qui alimente la borne. Si une partie de ce courant fuit vers la terre au lieu de suivre son chemin normal, il le détecte et coupe.
Pourquoi est-ce une protection des personnes ? Prenons un exemple. À la suite d’un défaut, une partie métallique de la borne se retrouve sous tension. Un salarié la touche en branchant son véhicule. Une partie du courant fuit alors vers la terre. Le différentiel repère cette fuite et coupe l’alimentation.
Pour une borne, l’enjeu est clair. Le Consuel, l’organisme qui vise l’attestation de conformité remplie par l’installateur, le résume ainsi dans sa formation en ligne : l’installation de recharge ne doit être à l’origine ni d’un incendie ni d’une électrocution. Cela vaut pour l’utilisateur et pour les personnes autour.
Sur l’appareil figure aussi sa sensibilité, exprimée en milliampères. Pour une borne, elle ne dépasse pas 30 mA : le différentiel réagit donc à une fuite très faible.
Ne le confondez pas avec le disjoncteur, un autre appareil du tableau. Le disjoncteur protège le câble contre les surcharges. Le différentiel, lui, protège les personnes.
Pourquoi chaque borne a le sien, dédié et non partagé
La règle de base est simple. Chaque point de recharge a son propre différentiel. Cet appareil ne protège aucun autre point de recharge, ni aucun autre appareil. La borne est aussi alimentée par un circuit spécialisé, c’est-à-dire un circuit qui ne sert qu’à elle.
Ce principe peut se perdre lors de travaux. Imaginons un électricien de passage qui ajoute un circuit au tableau, par exemple pour un éclairage ou une prise. S’il branche ce circuit sous le différentiel de la borne, le différentiel n’est plus dédié.
Deuxième notion : la sélectivité. En mots simples, seul l’appareil le plus proche du défaut doit couper. Si une borne présente un défaut, seul le différentiel de cette borne doit se déclencher. Les différentiels placés plus haut dans le tableau ne doivent pas couper. Le reste du tableau, et donc les bureaux ou l’atelier, reste alors alimenté. Une modification du tableau placé en amont peut casser cette sélectivité.
Troisième règle : aucun réarmement automatique. Il s’agit d’un appareil qui remet le courant tout seul après une coupure. Aucun dispositif de ce genre ne doit être associé à la protection de la borne. Le Consuel insiste sur ce point.

Types AC, A, F et B : ce qu’il faut pour une borne de recharge
Tous les différentiels ne se valent pas. Ils se distinguent par leur type, désigné par une ou deux lettres : AC, A, F ou B. Le type se lit sur l’appareil.
Pour une borne, la partie de la norme d’installation consacrée aux véhicules électriques est nette sur un point : « le type AC n’est pas autorisé ». Le différentiel d’une borne est donc au moins de type A.
Le type F offre une protection au moins égale à celle du type A. Un guide de fabricant le dit aussi moins sujet aux déclenchements intempestifs, c’est-à-dire aux coupures sans défaut réel. Il le présente comme adapté quand la continuité de service compte, bornes de recharge comprises.
Reste un cas propre aux bornes fixes. Ces bornes dialoguent avec le véhicule pendant la charge : on parle de recharge en mode 3. C’est le cas de la plupart des bornes d’entreprise. Une fuite peut contenir une part de courant continu. Pour ces bornes, la même partie de la norme demande une protection en plus contre cette part. Deux solutions : soit un différentiel de type B, soit un type A (ou F) associé à un dispositif qui coupe l’alimentation quand cette part dépasse 6 mA.
| Type | En deux mots | Pour une borne de recharge |
|---|---|---|
| AC | Signalé par un symbole en forme de vague à côté de « 30 mA » | Non admis |
| A | Le minimum exigé | Admis, avec une détection du courant continu en plus |
| F | Au moins équivalent au type A, moins de coupures sans défaut | Admis, avec la même détection en plus |
| B | Répond seul à la protection contre le courant continu | Utile si la borne n’intègre pas cette détection |
En pratique, cette détection du courant continu est souvent intégrée à la borne. Elle se vérifie sur la fiche technique de la borne. Dans ce cas, un type A ou F par borne suffit. Le type B ne se justifie que si la borne ne l’intègre pas.
Une conséquence concrète en découle. La détection intégrée ne se voit pas au tableau. Elle gagne donc à être mentionnée explicitement au dossier de l’installation. Regarder le tableau ne suffit pas : il faut aussi le dossier.
Le mauvais type de différentiel : un écart que les contrôleurs relèvent souvent
Lors de ses visites de contrôle, le Consuel relève sur les bornes deux causes principales de risque de choc électrique. L’une touche la continuité du conducteur de terre. L’autre est le mauvais type de différentiel.
Deux situations reviennent. Soit un type AC là où il faut au moins un type A, en monophasé. Soit un type A là où il faut un type B ou un équivalent, en triphasé.
Comment repérer un type AC ? Sur l’appareil, un petit symbole en forme de vague, placé à côté de l’indication « 30 mA », signale un type AC. C’est un repère visuel simple, donné par le Consuel dans sa formation en ligne sur les bornes.
Pourquoi cette erreur revient-elle ? Le type AC revient souvent par défaut. Certains logiciels qui produisent la note de calcul le proposent d’office. Il peut aussi réapparaître au moindre remplacement d’appareil.
Voilà pourquoi le type se vérifie à deux endroits : sur le document et sur place. Vérifier la seule sensibilité ne suffit pas. Un différentiel peut afficher la bonne sensibilité et rester d’un type inadapté à une borne.
Pourquoi l’essayer en visite : ce que le bouton test montre
La partie de la norme consacrée aux véhicules électriques fixe l’état de l’installation. Elle ne prescrit aucune vérification, aucun essai périodique, aucune maintenance. La visite de maintenance est un service : elle vérifie que cet état tient dans le temps. La norme exige un état ; la visite vérifie qu’il tient.
La norme exige un état ; la visite vérifie qu’il tient.
Un différentiel porte un bouton test. Une pression sur ce bouton simule un défaut électrique. La manette de l’appareil doit alors s’abaisser aussitôt : c’est le signe que l’appareil fonctionne. Si elle ne s’abaisse pas, l’appareil est défectueux.
Le bouton ne dit pas tout. Il montre que l’appareil coupe sur un défaut simulé. Il ne dit pas en combien de temps. Ce temps de coupure peut se mesurer avec un appareil de test spécifique, réglé selon la sensibilité et le type du différentiel.
Une visite sérieuse devrait donc prévoir un essai de chaque différentiel. Un point pratique est à garder à l’esprit : l’essai coupe l’alimentation de la borne. Ce qui est branché dessus s’arrête le temps de l’essai.
Si votre borne est accessible au public, d’autres règles s’ajoutent : voyez les obligations d’une borne ouverte au public.
Ce qu’une visite devrait noter sur le différentiel
Une visite sérieuse devrait relever le type de chaque différentiel (A, B, F…) et sa référence. Elle devrait ensuite comparer les protections à la note de calcul. Ce document de l’installateur justifie le choix des protections. La comparaison devrait se faire sur pièce, pas de mémoire.
Une visite peut aussi vérifier que le différentiel est resté dédié à sa borne, qu’aucun réarmeur automatique ne lui est associé, et que la détection du courant continu figure au dossier quand elle est intégrée à la borne.
Un écart constaté est noté et fait l’objet d’une recommandation écrite. La décision des suites revient à l’entreprise.
Précisons enfin le rôle de chacun. La vérification périodique des installations électriques relève du Code du travail. Elle est faite par un organisme accrédité ou par une personne qualifiée de l’entreprise. Le mainteneur n’est ni l’un ni l’autre. La visite de maintenance prépare la vérification périodique de vos installations, elle ne la remplace pas.
Le différentiel de borne, en bref
- Il protège les personnes : il coupe quand une partie du courant fuit vers la terre.
- Chaque borne a le sien, dédié, sans réarmement automatique.
- Le type AC n’est pas admis : au moins un type A, ou un type F.
- Une détection du courant continu s’ajoute, souvent intégrée à la borne, sinon un type B.
- Le type se vérifie sur place et au dossier ; un écart donne lieu à une recommandation écrite.
Pour situer notre approche, vous pouvez décrire votre parc en quelques lignes.
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Questions fréquentes
Comment savoir si le différentiel de ma borne est du bon type ?
Ma borne coupe souvent la nuit : peut-on poser un réarmement automatique ?
Appuyer sur le bouton test suffit-il ?
Un différentiel de type A suffit-il pour une borne ?
Nos bornes ont été posées il y a quelques années : doivent-elles suivre les règles actuelles ?
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