Indices IP et IK d’une borne de recharge
Indices IP et IK, emplacement, accès pour l’entretien : ce que les textes attendent d’une borne de recharge en entreprise, et pourquoi cela se vérifie.

Sur la fiche d’une borne de recharge, vous avez sans doute vu les lettres IP et IK suivies de chiffres. Elles disent ce que la borne supporte : la poussière, l’eau, les chocs. Une borne n’est pas qu’un appareil. Elle est posée à un endroit précis de votre parking, exposée à la pluie, à la poussière et aux manœuvres des véhicules. Ce guide explique ces deux indices, ce que les textes demandent, et pourquoi cet état se vérifie dans le temps.
IP et IK : deux indices pour dire ce qu’une borne supporte
Un indice est un niveau de protection. Le décret sur les infrastructures de recharge les définit lui-même. Il parle de « niveaux de protection aux poussières et à l’eau (indice IP) et de résistance aux chocs mécaniques (indice IK) ».
L’indice IP se lit en deux parties. Le premier chiffre concerne les corps solides et la poussière. Le second concerne l’eau, qu’il s’agisse de gouttes ou de projections. L’indice IK concerne les chocs. Dans les deux cas, la règle de lecture est simple : plus le chiffre est élevé, plus la protection est forte.
Le bon niveau n’est pas le même partout. Il dépend de l’environnement de la borne. Est-elle à l’intérieur ou à l’extérieur ? Sur un parking couvert ou à ciel ouvert ? Dans un endroit à accès limité ou accessible à tous ? Posée haut ou bas ? Dans un endroit accessible à tous, plus une borne est basse, plus elle est exposée aux chocs, et plus l’exigence est forte.
Prenons trois situations d’entreprise. Sur un parking à ciel ouvert, la pluie poussée par le vent peut atteindre la borne de tous côtés. Dans un parking couvert, en sous-sol par exemple, la pluie ne tombe pas. En revanche, l’exigence contre la poussière y est plus forte qu’à ciel ouvert. Dans une allée où circulent les véhicules, un pare-chocs qui recule ou une machine de nettoyage des sols peuvent heurter la borne.
Borne ouverte au public : ce que dit l’article 24-1 du décret
Le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 contient un article 24-1, en vigueur depuis le 6 mai 2021. Il commence ainsi : « Les éléments constitutifs d’une infrastructure de recharge ouverte au public sont soumis à des exigences techniques à des fins de sécurité, de fiabilité et d’interopérabilité. » Le texte est consultable sur Légifrance.
Il demande des indices IP et IK adaptés à l’environnement de la station. Il ajoute que ces éléments doivent pouvoir fonctionner dans les conditions de températures, d’humidité et de perturbations électromagnétiques prévisibles. Ces perturbations sont, en mots simples, des parasites électriques qui peuvent gêner l’électronique de la borne.
Cet article vise l’infrastructure ouverte au public, et cette notion est large. Un emplacement physiquement accessible au public l’est, « y compris moyennant une autorisation ou le paiement d’un droit d’accès ». Un parking sur badge ouvert aux visiteurs bascule donc. Un parc strictement réservé aux salariés n’y est pas : son accès n’est pas ouvert à tous sans distinction. Nous détaillons ce critère dans notre article sur ce que change une borne ouverte au public.
Deux limites sont à connaître. L’article 24-1 ne donne aucune valeur chiffrée d’indice : ces valeurs viennent de la norme d’installation, présentée plus bas. Il ne fixe aucun contrôle : il figure au chapitre sur la qualité des infrastructures, pas au chapitre sur la maintenance, qui ne contient que l’article 24. C’est cet article 24 qui prévoit, pour l’ouvert au public, un contrôle au moins annuel.
Toutes les bornes : ce que fixe la norme d’installation
Pour un parking réservé aux salariés, l’article 24-1 ne s’applique pas. D’autres règles parlent pourtant. La partie de la norme d’installation consacrée aux véhicules électriques (NF C 15-100-7-722, édition d’août 2024) fixe des indices IP et IK minimaux pour le point de recharge, selon l’environnement. Elle s’applique à l’installation, que la borne soit ouverte au public ou non. Une borne posée avant son entrée en vigueur se compare aux règles en vigueur le jour de sa mise en service.
Voici, en nos mots, les niveaux minimaux qu’elle retient selon la situation. Ils valent pour les bornes posées sous cette édition. Toute borne demande au moins IP4X, c’est-à-dire une protection contre les petits objets. Dans un indice, la lettre X remplace un chiffre que l’exigence ne fixe pas : IP4X ne parle que des corps solides, IPX4 que de l’eau.
| Situation de la borne | Indice minimum |
|---|---|
| Borne en intérieur | IPX1 (gouttes d’eau) |
| Borne en extérieur | IPX4 (projections d’eau) |
| Borne dans un parc de stationnement couvert | IP5X (poussière) |
| Accès limité, par exemple une place privative | IK07 |
| Accès non limité, borne à 0,90 m du sol ou plus | IK08 |
| Accès non limité, borne à moins de 0,90 m du sol | IK10 |
Un parc de stationnement couvert, au sens de la norme, est un espace couvert surmonté d’un plancher, d’une toiture, d’une terrasse ou d’une couverture. Un parking en sous-sol en est un, un parking sous auvent aussi. Un parking à ciel ouvert n’en est pas un : la borne y est simplement en extérieur. L’accès non limité correspond, par exemple, à un parking ouvert aux visiteurs. Dans certains parkings couverts recevant du public, la limite de 0,90 m est portée à 1,50 m.
Ces indices se lisent sur la fiche du matériel. Au-delà des indices, cette partie de la norme pose plusieurs règles de bon sens.
Un coffret qui contient des parties sous tension accessibles doit pouvoir être fermé par une clé ou un outil, sauf s’il se trouve dans un local réservé à des personnes averties. Le réglage du courant d’une borne ne se modifie, lui aussi, qu’avec une clé ou un outil. S’il diffère du courant assigné, c’est-à-dire de la valeur pour laquelle le fabricant a conçu la borne, il doit être indiqué sur la borne. Les socles de recharge normale sont en règle générale équipés d’obturateurs : des clapets qui ferment les trous de la prise quand rien n’est branché.
Un socle n’alimente qu’un seul véhicule. Les rallonges, que la norme appelle prolongateurs, sont interdites pour la recharge. Le socle est placé « aussi près que possible » de la place du véhicule qu’il alimente. Enfin, les points de connexion sont identifiés, sur le socle ou à proximité, par un logo de véhicule électrique.
L’emplacement, pensé aussi pour l’entretien
Une borne doit être utilisable, mais aussi atteignable par ceux qui l’entretiennent. Une fiche de mise en service de constructeur le montre. Elle fait vérifier, dès la mise en service, que la borne est suffisamment accessible pour son entretien et les opérations de maintenance. Elle fait aussi vérifier que la borne est fixée sans risque de chute et que les autocollants d’information sont présents.
Les audits qui contrôlent le travail des installateurs regardent eux aussi l’emplacement. Ils apprécient une implantation qui facilite l’usage quotidien : la hauteur, la profondeur, la disposition.
Or un parking vit. Une place est réaffectée. Des palettes ou du matériel sont stockés devant une borne. Un aménagement modifie la circulation. Dans ces cas, une borne devenue difficile d’accès ne remplirait plus ce qui a été regardé à sa mise en service. Ce n’est pas une règle de droit nouvelle : c’est un simple constat. Ce qui était vrai le jour de la pose ne l’est plus forcément ensuite.

Pourquoi l’état d’une borne se vérifie dans le temps
Les textes décrivent un état à la pose. Le Code du travail, lui, regarde la durée. Son article R. 4226-5 impose à l’employeur de maintenir ses installations électriques permanentes « en conformité avec les dispositions relatives à la conception des installations électriques applicables à la date de leur mise en service ». Son article R. 4226-7 ajoute que « les installations électriques et les matériels électriques qui les composent font l’objet de mesures de surveillance et donnent lieu en temps utile aux opérations de maintenance ». Ce texte ne fixe ni rythme ni contenu pour cette maintenance.
La vérification périodique est une obligation distincte, prévue par l’article R. 4226-16. Nous l’expliquons dans notre article sur la vérification périodique des installations électriques.
Le texte fixe un état ; le temps l’use ; la visite vérifie qu’il tient.
Entre deux visites, plusieurs choses peuvent changer. Le tableau ci-dessous en donne des exemples. Un presse-étoupe, que l’on y cite, est la pièce qui rend étanche l’entrée d’un câble dans la borne.
| Ce que le texte demande | Ce que le temps peut changer |
|---|---|
| Des indices IP et IK adaptés à l’endroit | Des joints et des presse-étoupe qui vieillissent, un choc de pare-chocs |
| Un coffret fermé par clé ou outil | Un capot forcé, des vis manquantes |
| Des socles à obturateurs | Un obturateur cassé |
| Un réglage de courant indiqué sur la borne s’il diffère du courant assigné | Une étiquette de réglage arrachée |
| Un véhicule par socle, sans rallonge | Une rallonge ajoutée, un doubleur pour brancher deux véhicules |
Ces points comptent dès la pose. Le Consuel, l’organisme qui vise les attestations de conformité électrique, relève ce type d’anomalies sur les installations de recharge. Il signale une tenue mécanique inappropriée, avec un indice IK insuffisant et un risque après un choc. Il signale aussi du matériel non conforme, comme une prise sans obturateurs. Il n’admet pas une prise sans obturateurs, ou dispositif équivalent, sur une installation de recharge associée à un bâtiment.
Une visite peut constater l’état du matériel et le comparer à ce qui était prévu. Les écarts constatés font l’objet d’une recommandation écrite. Le texte fixe un état ; le temps l’use ; la visite vérifie qu’il tient. Pour commencer, vous pouvez décrire votre parc de bornes.
Ce qu’il faut retenir
- IP désigne la protection contre la poussière et l’eau, IK la résistance aux chocs.
- Le bon niveau dépend de l’endroit : intérieur ou extérieur, couvert ou non, accès, hauteur.
- Par exemple, en extérieur, IPX4 au minimum ; dans un endroit accessible à tous, IK10 sous 0,90 m du sol.
- L’article 24-1 du décret vise seulement les bornes ouvertes au public.
- La partie de la norme d’installation consacrée aux véhicules électriques vaut que la borne soit ouverte au public ou non.
- Ces textes fixent un état à la pose ; le Code du travail demande à l’employeur de maintenir ses installations conformes.
- Une borne devenue difficile d’accès ne remplit plus ce qui a été regardé à sa mise en service.
Vos bornes sont-elles toujours dans l’état prévu ?
Décrivez-nous votre parc : nombre de bornes, parking couvert ou non, ouvert aux visiteurs ou non.
Questions fréquentes
Que veulent dire les lettres IP et IK sur la fiche d’une borne ?
Notre parking est réservé aux salariés : l’article 24-1 s’applique-t-il ?
Un parking couvert change-t-il quelque chose ?
Peut-on brancher une rallonge sur une borne ou un socle de recharge ?
La norme impose-t-elle de contrôler ces indices chaque année ?
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