Maintenance d’une borne : obligatoire ?

La maintenance d’une borne de recharge est-elle obligatoire en entreprise ? Vérifier, maintenir, signer un contrat : ce qui s’applique à votre parking.

Une borne de recharge sur pied, câbles enroulés, en bordure d'un parking paysagé d'entreprise

Vous avez fait poser des bornes de recharge sur le parking de votre entreprise. Une question revient vite : leur maintenance est-elle obligatoire ? La réponse tient en deux vérités. Oui, l’employeur doit surveiller et entretenir ses installations électriques, bornes comprises. Non, aucun texte ne lui impose de signer un contrat de maintenance. Entre les deux se glisse une vérification réglementaire, avec son propre rythme et ses propres acteurs. Ce guide sépare ces trois notions, puis les applique à quatre situations courantes en entreprise.

Vérifier, maintenir, signer un contrat : trois choses différentes

Trois mots se mélangent souvent. Ils n’obéissent pas aux mêmes règles.

Vérifier, c’est faire contrôler l’installation électrique par un organisme accrédité (un bureau de contrôle reconnu officiellement) ou, dans certains cas, par une personne qualifiée de l’entreprise. Les résultats sont consignés dans un registre. Le Code du travail impose cette vérification, et un arrêté en fixe le rythme.

Maintenir, c’est surveiller l’installation et l’entretenir au bon moment. Le Code du travail l’impose aussi. Son article R. 4226-7 prévoit que les installations électriques « font l’objet de mesures de surveillance et donnent lieu en temps utile aux opérations de maintenance ». Il ne fixe ni rythme, ni contenu : c’est à l’employeur de l’organiser.

Signer un contrat de maintenance, c’est confier cet entretien à un prestataire, par écrit. Aucun texte ne l’impose à une entreprise. Parmi les cas courants, c’est le cahier des charges d’un dossier ADVENIR signé avant le 1er juillet 2025 qui peut le prévoir.

Ce qu’on confondImposé par un texte ?Rythme fixé ?Qui s’en charge
Vérifier l’installationOui, par le Code du travailOui : un an, deux ans sous conditionsUn organisme accrédité ; pour la vérification périodique, il peut aussi s’agir d’une personne qualifiée de l’entreprise
Maintenir l’installationOui, par le Code du travailNonL’employeur, qui l’organise
Signer un contrat de maintenanceNon, sauf ancien dossier ADVENIRNonLe prestataire de votre choix, si vous le décidez

La vérification a un rythme fixé ; la maintenance n’en a aucun. Cette page traite des entreprises ; la copropriété et la maison individuelle obéissent à d’autres règles.

Parking réservé aux salariés : le Code du travail s’applique

Une borne est alimentée par un circuit relié à l’installation électrique du bâtiment. Elle fait donc partie de l’installation électrique de l’établissement. L’employeur doit la maintenir conforme aux règles de conception en vigueur à sa date de mise en service (article R. 4226-5).

Deux vérifications s’enchaînent. La vérification initiale est le contrôle fait à la mise en service, puis après une modification de structure de l’installation. Elle revient à un organisme accrédité. L’arrêté qui précise ces vérifications ne nomme pas les bornes. Mais selon sa lecture usuelle, poser des bornes crée ou réaménage une partie d’installation. Cela déclenche la vérification initiale, quelle que soit la puissance des bornes.

Vient ensuite la vérification périodique : son rythme est d’un an à compter de la vérification initiale, avec un passage à deux ans possible sous conditions. Elle est faite par un organisme accrédité ou par une personne qualifiée de l’entreprise. Les résultats vont dans un registre des vérifications : le classeur, papier ou numérique, où l’on range les rapports. Vous trouverez le détail de la vérification du Code du travail dans un article dédié.

Prenons un cabinet d’études qui réserve quelques places équipées à ses collaborateurs, derrière un portail réservé au personnel. Si l’accès est réellement limité au personnel, ces places ne sont pas « ouvertes au public » : on n’y entre pas sans distinction. L’article 24 du décret sur les bornes, qui vise les bornes ouvertes au public, ne s’y applique donc pas. Le Code du travail, lui, s’applique pleinement : vérification et maintenance.

Parking ouvert aux visiteurs ou aux clients : une obligation de plus

La situation change dès que des personnes extérieures peuvent accéder aux places équipées. Le décret n° 2017-26, dans son article 2, définit un point de recharge ouvert au public par un accès « de façon non discriminatoire », autrement dit ouvert à tous les usagers, même si l’on impose une identification ou un paiement. Il ajoute qu’une place physiquement accessible au public est considérée comme ouverte au public. C’est vrai même si l’accès passe par une autorisation ou le paiement d’un droit d’accès.

Un badge ou une barrière ne suffisent donc pas à rendre un parking « privé ». Imaginez un fournisseur de matériel dont les clients se garent sur les places équipées le temps d’un rendez-vous, après s’être annoncés à l’interphone. Ces places sont ouvertes au public.

Dans ce cas, l’article 24 du décret ajoute son propre contrôle : « Les infrastructures de recharge ouvertes au public sont contrôlées au moins une fois par an par une personne ou un organisme compétent. » Vous trouverez les obligations d’une borne ouverte au public expliquées en détail.

Le point essentiel est le cumul. Un parking ouvert au public qui est aussi un lieu de travail relève des deux textes à la fois. Le contrôle du décret ne remplace pas la vérification du Code du travail : il s’y ajoute. Si vos places servent à la fois à vos salariés et à vos visiteurs, décrivez-nous l’usage réel de vos places : c’est lui qui décide.

Un grand parking d'entreprise en plein air, rangées de voitures sous un ciel dégagé

Flotte de véhicules de service : hors article 24, pas hors Code du travail

Dans sa définition de l’ouvert au public, le décret prévoit trois exclusions expresses. Celle qui concerne le plus souvent une entreprise vise les points de recharge « affectés exclusivement à la recharge des véhicules en service au sein d’une même entité et installés dans une enceinte dépendant de cette entité ». En clair : vos véhicules de service, rechargés sur votre propre site.

Deux conditions comptent. Les places doivent servir exclusivement à la flotte de l’entreprise. Elles doivent se trouver dans une enceinte qui dépend de l’entreprise. Cette exclusion vise la flotte, pas les voitures personnelles des salariés.

Prenons un artisan employeur qui recharge trois utilitaires la nuit dans la cour de son entreprise. L’article 24 du décret ne s’applique pas à ces bornes. Mais la cour reste un lieu de travail, et les bornes font partie de l’installation électrique. Vérification et maintenance du Code du travail s’appliquent donc, comme pour un parking réservé aux salariés.

Attention au glissement d’usage. Si des visiteurs peuvent aussi se garer sur ces places, la condition d’exclusivité tombe : on revient au cas du parking ouvert au public.

Borne financée par une prime ADVENIR : regardez la date de signature

Si votre borne a bénéficié d’une prime ADVENIR, un document s’ajoute aux textes : le cahier des charges de votre dossier. C’est lui qui peut prévoir un contrat de maintenance.

La règle a changé. ADVENIR l’écrit ainsi dans sa foire aux questions : « Depuis le 1er juillet 2025, le contrat de maintenance n’est plus obligatoire pour les dossiers signés à compter de cette date. » Ce changement n’a pas d’effet rétroactif. Un dossier signé avant cette date reste soumis à son cahier des charges.

Un autre point vaut pour tous les dossiers, anciens ou récents. Le bénéficiaire d’une prime ADVENIR doit respecter son cahier des charges sur toute la durée de vie de la borne. Et si une borne primée est laissée à l’abandon sur place, la prime doit être remboursée dans son intégralité.

Ce qu’aucun texte n’impose, et ce qu’un contrat apporte quand même

Voici le tri, situation par situation.

Votre situationVérification du Code du travailContrôle annuel du décret (article 24)Contrat de maintenance imposé
Parking réservé aux salariésOuiNonNon
Parking ouvert aux visiteurs ou aux clientsOuiOuiNon
Flotte de véhicules de service, dans votre enceinteOuiNonNon
Borne primée ADVENIR, dossier signé depuis le 1er juillet 2025Selon l’usage du parkingSelon l’usage du parkingNon
Borne primée ADVENIR, dossier signé avantSelon l’usage du parkingSelon l’usage du parkingSelon votre cahier des charges

Une colonne manque volontairement, car sa réponse est la même partout : la maintenance. Dès que vos bornes se trouvent sur un lieu de travail, l’obligation de maintenance du Code du travail s’applique, sans rythme fixé.

Au-delà de ce tableau, voici ce que vous ne trouverez dans aucun texte applicable à une entreprise :

  • une obligation de signer un contrat de maintenance, hors cahier des charges d’un ancien dossier ADVENIR ;
  • un rythme de maintenance : l’article R. 4226-7 impose la maintenance, pas sa fréquence ;
  • un rythme de vérification dans la partie de la norme d’installation consacrée aux véhicules électriques : elle fixe la conception, mais aucun rythme de vérification ni aucun contenu d’entretien ;
  • une obligation légale de rapport Q18 : c’est une demande possible de votre assureur, comme l’explique notre article sur le Q18 demandé par votre assureur.

Un contrat reste pourtant utile. Le Code du travail vous impose de maintenir vos installations, sans dire comment. Un contrat donne une forme écrite à cette obligation. Il prépare aussi la vérification réglementaire : le jour de la visite, l’installation a déjà été suivie.

En revanche, il ne remplace pas cette vérification. Le mainteneur n’est ni l’organisme accrédité, ni la personne qualifiée de votre entreprise : il ne délivre pas le rapport de vérification. Les écarts qu’il constate font l’objet d’une recommandation écrite, que vous traitez avec le prestataire de votre choix. Pour en parler, commencez par décrire votre parc.

L’essentiel en quatre situations

  1. Parking réservé aux salariés : vérification et maintenance du Code du travail, pas de contrôle de l’article 24, pas de contrat imposé.
  2. Parking ouvert aux visiteurs ou aux clients : les deux textes s’additionnent, sans contrat imposé.
  3. Flotte de véhicules de service dans votre enceinte : hors article 24 du décret, mais dans le Code du travail.
  4. Borne primée ADVENIR : la date de signature du dossier décide, et le cahier des charges vaut pour toute la vie de la borne.

Vous ne savez pas dans quelle case vous êtes ?

Décrivez-nous votre parc et l’usage de vos places, nous vous répondons par écrit.

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Questions fréquentes

Un contrat de maintenance est-il obligatoire pour une entreprise ?
Non, aucun texte ne l’impose à une entreprise. Le cas le plus courant où un contrat est exigé : le cahier des charges d’un dossier ADVENIR signé avant le 1er juillet 2025. En revanche, la maintenance elle-même est une obligation de l’employeur. Le Code du travail demande de surveiller les installations électriques et de les entretenir en temps utile. Il ne fixe ni rythme, ni forme.
La maintenance de nos bornes doit-elle être annuelle ?
Non. Ce qui a un rythme, c’est la vérification réglementaire du Code du travail : un an à compter de la vérification initiale, deux ans possibles sous conditions. L’article R. 4226-7, qui impose la maintenance, ne fixe aucune fréquence. C’est à vous de l’organiser, seul ou avec un prestataire.
Nos bornes ne servent qu’à nos véhicules de service : sommes-nous concernés ?
Pas par l’article 24 du décret, à condition que les places soient réservées à votre flotte et situées dans votre enceinte. En revanche, le Code du travail s’applique : vos bornes font partie de l’installation électrique de l’établissement. Vérification et maintenance restent donc dues, comme pour un parking de salariés.
Notre parking est fermé par un badge, mais nos visiteurs y entrent : qu’est-ce que ça change ?
Une borne dont la place est physiquement accessible au public est considérée comme ouverte au public, même si l’accès passe par une autorisation. Le badge ne suffit donc pas. Le contrôle annuel de l’article 24 s’ajoute alors à la vérification du Code du travail. Les deux textes s’appliquent en même temps, sans que l’un remplace l’autre.
Notre borne a été financée par ADVENIR : devons-nous garder un contrat de maintenance ?
Tout dépend de la date de signature de votre dossier. Signé depuis le 1er juillet 2025, il n’exige plus de contrat. Signé avant, il reste soumis à son cahier des charges : relisez-le. Dans tous les cas, ce cahier des charges vaut sur toute la durée de vie de la borne. Et une borne laissée à l’abandon expose au remboursement intégral de la prime.
Qui est responsable de tout cela : nous, l’installateur ou le mainteneur ?
L’employeur, pour la vérification et la maintenance prévues par le Code du travail. Pour une borne ouverte au public, l’article 24 ne dit pas qui fait réaliser le contrôle annuel. Il confie ses autres obligations à l’aménageur au sens du décret : c’est donc lui qui, en pratique, l’organise. Une fois la borne en service, l’aménageur est la personne qui offre le service de recharge, propriétaire ou locataire de l’infrastructure de recharge. Le mainteneur, lui, prépare la vérification sans la réaliser.

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